Au soir du Vendredi saint, le Crucifié a été descendu de la croix. Nicodème et Joseph d’Arimathie l’ont déposé à la hâte dans un sépulcre. La pierre a été roulée sur lui, puis tout s’est tu dans le grand silence du Sabbat.
Au matin du premier jour de la semaine, les femmes accourent. La pierre est ôtée, les linges pliés à part et le tombeau vide. Un jeune homme vêtu de blanc apparaît : « Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. » Ainsi, se présente l’événement le plus important de l’histoire de l’humanité.
Si l’on a du mal à imaginer le bouleversement historique que produisit cet événement, on peut au moins sentir la joie qu’il laissa apparaître et qui peut se résumer en un mot : « Alléluia ! » À l’Hosanna qui enterre le Christ, répond en écho l’Alléluia de sa sortie du tombeau.
Ce jour de Pâques est celui où se dit et se chante, avec le plus d’éclat et de solennité, l’Alléluia de toutes nos liturgies. C’est la joie de l’Exultet que chante le prêtre, une grande joie cosmique, joie d’un monde régénéré dans lequel l’homme réconcilié avec lui-même se retrouve uni à son créateur. C’est ce que signifie la réponse d’un enfant interrogé sur la signification du mot « Alléluia » : « Ça veut dire : “Youpi !” » C’est ce que dit saint Augustin : « “Alléluia” : ce mot est bon, il est joyeux, il est plein de joie, de douceur, de suavité. » Finalement, si nous chantons « Alléluia » aujourd’hui, c’est pour porter la joie de la Bonne Nouvelle aux hommes de notre temps. Faisons donc en sorte que la contagion de la vie du Ressuscité continue à s’étendre jusqu’aux extrémités de la terre, pour que chaque être humain vive de cette vie, victorieuse de toute mort.
Père Jean-Paul Sagadou, assomptionniste